Il était une fois, dans un pays pas si lointain, une étrange contrée appelée l’Absurdie.
À sa tête régnaient deux personnages hauts en couleur : Yakafaucon et Ilsuffideux.
Ces deux éminents dirigeants avaient un talent extraordinaire : ils possédaient une solution à tous les problèmes… à condition de ne jamais se confronter à la réalité !
Il manquait des enseignants ?
« YAKA en trouver ! Ilsuffideux les déplacer ! » s’exclamaient-ils!
Et hop ! Quelques milliers de remplaçants apparaissaient comme par magie, sortis d’un endroit dont personne ne connaissait l’existence.
Un enseignant devait assurer une discipline qu’il ne maîtrisait pas ?
« ILSUFFIDEUX lui dire de s’adapter ! » reprenaient-ils en cœur.
Les AESH réclamaient un véritable statut, un salaire digne et la reconnaissance de leur métier ?
« YAKA leur demande encore un petit effort ! Ilsuffideux d’être raisonnable ! »
Les personnels administratifs croulaient sous les tâches, les injonctions contradictoires et les réformes successives ?
« ILSUFFIDEUX simplifier les procédures ! »
Et pour simplifier, on créait naturellement trois formulaires supplémentaires, deux tableaux de suivi et une nouvelle plateforme informatique !
Formidable ! En Absurdie, tout fonctionnait merveilleusement bien… sur les directives des dignitaires !
Car Yakafaucon et Ilsuffideux avaient une devise :
« Pourquoi écouter ceux qui font, quand on peut décider à la place de ceux qui savent ? »
Mais dans les écoles, les collèges, les lycées et les services administratifs, la réalité était tout autre.
Les personnels s’épuisaient, les conditions de travail se dégradaient et les annonces irréalistes succédaient aux décisions prises à l’emporte-pièce.
Et lorsque les solutions miracles ne fonctionnaient pas ?
C’était évidemment la faute des agents, jamais la conséquences des décisions ! Nos précieuses élites créèrent le fonctionnaire bashing la réponse à tous les maux.
Mais derrière la satire, une question sérieuse se pose.
À force de présenter les personnels comme insuffisamment adaptables, trop coûteux ou responsables des dysfonctionnements, quel regard porte-t-on sur les femmes et les hommes qui font vivre quotidiennement notre service public ?
À force de multiplier les annonces sans concertation, ne finit-on pas par jeter l’opprobre sur des professions pourtant essentielles à notre société ?
Serait-ce le service public lui-même que l’on fragilise ?
Le 19 octobre 2026, nous célébrerons les 80 ans du statut général des fonctionnaires, un héritage républicain fondamental.
80 ans d’une conception du service public fondée sur l’intérêt général, l’égalité de traitement, la continuité et l’indépendance des agents dans l’exercice de leurs missions.
À la CFTC-EPR, nous ne vivons pas en Absurdie !
Nous croyons au dialogue social, à la justice, à la solidarité et, avant tout, au respect de la personne humaine.
Nous défendons les enseignants, les AESH, les personnels administratifs et l’ensemble des agents qui assurent, chaque jour, les missions du service public d’éducation.
Le service public n’est pas un coût qu’il faudrait sans cesse réduire. Pour la CFTC-EPR, c’est une richesse collective qu’il faut préserver, développer et transmettre.
Le service public est l’un des piliers de notre République et un rempart contre les inégalités.
A la CFTC-EPR, nous ne sommes pas opposés au changement. Nous refusons simplement que les réformes se construisent sans les personnels, contre leurs réalités et au détriment des usagers.
Car une évidence semble avoir échappé à nos deux personnages : on ne construit pas un service public de qualité en maltraitant ceux qui le font vivre !
Alors, chers Yakafaucon et Ilsuffideux, il serait peut-être temps de ranger vos baguettes magiques, de quitter vos bureaux et d’écouter enfin les agents !
Parce qu’un service public fort commence toujours par des personnels respectés.
Voter CFTC-EPR, c'est choisir l’humain, c'est défendre le service public.


