Direction d’école. Le projet de référentiel métier est de nouveau discuté.

Rédigé le 13/04/2026


Direction d’école. Le projet de référentiel métier est de nouveau discuté.

Le ministère a réuni les organisations syndicales le 12 mars 2026 pour poursuivre les travaux sur le futur référentiel métier des directions d'école. Le texte présenté n'évolue que très marginalement par rapport à la version discutée en mai 2025 : quelques mentions additionnelles sur la place de l'équipe pédagogique ont été introduites, mais les orientations structurelles demeurent inchangées.

Pour la CFTC-EPR, les points de vigilance majeurs sont importants.

En premier, nous constatons un renforcement du pilotage et des logiques de contrôle.

Le projet maintient une conception du rôle de la direction d'école fondée sur le «pilotage pédagogique», centré sur les savoirs fondamentaux et adossé aux évaluations nationales, dont les résultats pourraient être présentés en conseil d'école.

La notion d'«autorité fonctionnelle» est évoquée sans être précisément définie, ce qui ouvre la voie à des interprétations locales potentiellement dommageables pour le climat de travail au sein des équipes.

Plusieurs missions inscrites dans ce projet s'apparentent à des fonctions de contrôle :

▸     Veiller à la maîtrise des savoirs fondamentaux.

▸     S'assurer des échanges réguliers avec les familles, à partir des évaluations nationales.

▸     Garantir le respect de la réglementation dans l'école.

▸     Contrôler l'assiduité des élèves.

▸     Jouer un rôle dans l'anticipation et la gestion des absences des enseignants.

En second, la CFTC-EPR constate des responsabilités élargies sans moyens supplémentaires.

En effet, le texte prévoit également un rôle accru des directions d'école dans le pilotage local des politiques éducatives, en lien étroit avec les collectivités territoriales. Or, cette orientation entretient une confusion entre les responsabilités propres de l'Éducation nationale et celles des collectivités, dont les périmètres respectifs méritent d'être clairement distingués.

Plus globalement, le projet alourdit sensiblement les missions des directions sans apporter de réponses aux besoins concrets exprimés sur le terrain :

▸     Temps de travail collectif insuffisant.

▸     Manque d'appui administratif.

▸     Manque de moyens humains (sécurité, accueil, surveillance…).

▸     Déficit de formation et de soutien institutionnel.

▸     Moyens insuffisants pour la mise en œuvre de l'école inclusive.

▸     Manque de moyens ou encore de prévisions pour la gestion de bâti scolaire.

Le positionnement de la CFTC-EPR est clair.

La CFTC-EPR rappelle ses principes fondamentaux en matière d'organisation scolaire : la direction d'école doit demeurer au service de l'animation et de la coordination de l'équipe pédagogique.

La CFTC-EPR soutient l'ensemble des demandes d'amendements visant à :

▸     Clarifier le périmètre de l'autorité fonctionnelle.

▸     Réaffirmer le rôle premier d'animation pédagogique et de responsable administratif de proximité.

▸     Conditionner tout élargissement des missions à des moyens supplémentaires effectifs.

▸     Protéger la séparation des responsabilités entre l'État et les collectivités territoriales.

▸     Séparer les responsabilités des directeurs et celles des inspecteurs.

▸     L’augmentation conséquente des décharges.

La CFTC-EPR demande la séparation claire des missions du directeur d’école avec celles de l’Inspecteur de l’éducation nationale du premier degré.

La CFTC-EPR demande la reconnaissance financière du travail de la direction d’école.

La CFTC-EPR demande l’attribution de moyens financiers, humains et logistiques pour mener à bien les missions du directeur d’école.