Depuis plusieurs semaines, des lycées de l’académie de Nantes et de France ont été touchés par des violences, des intrusions et des dégradations. Des élèves et des personnels ont été malmenés, certains blessés. Des établissements ont dû fermer leurs portes et basculer en enseignement à distance.
La CFTC-EPR Nantes le dit solennellement : cette situation n’est pas acceptable, et ses conséquences ne doivent pas être minimisées.
La CFTC-EPR Nantes constate que dans nos lycées, la participation aux cours à distance a été très inégale. Dans l'un de nos l’établissement, fermé quatre jours, un enseignant s’est connecté un lundi à 8h pour assurer son cours : il a attendu jusqu’à 10h30 sans voir un seul élève se connecter. Les jours suivants, des écrans se sont allumés, mais parfois pour laisser place à un parent, ou à un élève encore couché.
Ce n’est pas un reproche fait à nos jeunes. C’est le symptôme d’une rupture : les rituels de l’école ont sauté. Or l’école n’est pas qu’un lieu de transmission de savoirs. C’est un cadre, un rythme, des repères. Sans eux, des adolescents deviennent des électrons libres, sans attaches, sans règles et sans perspective.
La CFTC-EPR Nantes indique que le vrai danger est la rupture du lien avec l’école, pour nos jeunes.
Le plus grand risque aujourd’hui n’est pas seulement le retard sur les programmes. C’est le décrochage scolaire. Un élève qui s’est éloigné de sa classe pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, peut ne jamais y revenir.
À cela s’ajoute un traumatisme réel. Dans plusieurs établissements, les intrusions se sont répétées à chaque reprise des cours, sans que le Plan Particulier de Mise en Sûreté (PPMS) ait permis de protéger efficacement élèves et personnels. Des élèves, notamment des élèves de seconde parmi les plus fragiles, ont été profondément perturbés par la violence dont ils ont été témoins.
Des collègues sont encore sous le choc.
Nous refusons que cette rupture devienne définitive pour certains jeunes.
La CFTC-EPR Nantes demande à Madame la Rectrice et aux services académiques :
1. Des cellules de persévérance scolaire dans tous les établissements impactés, installées dès la reprise des cours, pour repérer les élèves absents, désengagés ou en souffrance, et reprendre contact avec eux et leurs familles.
2. Un protocole académique de persévérance scolaire, permettant aux élèves ayant manqué des heures de cours de les rattraper, avec des moyens dédiés : heures de soutien, tutorat, accompagnement personnalisé.
3. Aucune pression sur les notes du premier trimestre. Ces notes sont très attendues par les familles, car elles entrent dans Parcoursup. Il serait injuste de faire peser sur les élèves les conséquences d’une situation qu’ils n’ont pas choisie. Nous demandons des consignes de bienveillance dans l’évaluation de cette période.
4. Un soutien psychologique pour les élèves et les personnels : mobilisation renforcée des psychologues de l’Éducation nationale, des médecins et infirmiers scolaires, des assistants de service social, et cellules d’écoute pour les collègues choqués.
5. Un retour d’expérience sur les PPMS. Chaque intrusion non maîtrisée doit donner lieu à un bilan, associant les équipes éducatives, et à un renforcement des protocoles de mise en sécurité.
6. Un temps de préparation et de reprise avec les équipes avant chaque réouverture d’établissement. Rouvrir sans concertation, c’est laisser les personnels seuls face à une situation qu’ils n’ont pas à gérer isolément.
7. Une réponse ferme face aux violences, avec protection fonctionnelle et soutien systématique des personnels victimes, dépôt de plainte accompagné par l’administration, et traitement rapide des atteintes aux personnes et aux biens.
La CFTC-EPR Nantes demande à rompre avec la violence et rétablir le dialogue !
La CFTC-EPR Nantes condamne sans réserve toutes les violences, quelles qu’en soient les causes.
Le droit de s’exprimer et d’être entendu est légitime. Il ne justifie jamais de s’en prendre à un élève, à un enseignant, à un personnel ou à un bâtiment scolaire.
Nous appelons à l’ouverture d’un dialogue sincère avec les lycéens, à l’écoute de leurs inquiétudes, et à une réponse institutionnelle à la hauteur. Écouter, ce n’est pas céder : c’est la condition pour apaiser.
La CFTC EPR Nantes sera aux côtés des personnels de l’Éducation nationale : enseignants, CPE, AED, AESH, personnels administratifs, sociaux et de santé. Nous demandons à être reçus par les services académiques afin de présenter ces propositions, et nous veillerons à leur mise en œuvre.
Protéger les élèves, protéger les personnels, rétablir le cadre de l’école : c’est notre responsabilité collective.
William Thibault
Président de la CFTC EPR Pays de la Loire


