Rentrée 2026 : le ministre fixe un cap, la CFTC-EPR attend les moyens...

Rédigé le 30/08/2026


Mardi 25 août, depuis le lycée Arago à Paris, Édouard Geffray a présenté sa feuille de route en quatre mots : « instruire d'abord, protéger, unir, prévoir ». Pas de « réforme Geffray », dit-il, mais une série d'annonces qui vont modifier le quotidien des écoles, des collèges et des lycées dès cette année. La CFTC-EPR les a examinées une par une.

Ce que le ministre annonce :

. Écrans et portables. La scolarité se fera désormais sans téléphone portable, de la maternelle à la terminale. Le ministre parle d'« urgence sanitaire et scolaire » et cite 4 h 40 d'écran par jour chez les adolescents.

. Examens. Toutes les épreuves du brevet et du baccalauréat auront lieu le matin. Un barème sur la maîtrise de la langue sera publié pour chaque discipline, avec le nombre de points retirés en cas de carence manifeste.

. Violences sexuelles. Les 10 millions d'élèves, de la maternelle à la terminale, répondront cette année à un questionnaire adapté à leur âge, sur le modèle de celui sur le harcèlement. Le ministre lui-même prévient : les résultats « risquent d'être sismiques ».

. Changement d'affectation. Le décret paru cet été permet de changer d'établissement un élève dont les parents font peser une menace grave sur les personnels ou le fonctionnement de l'institution. Une mesure de protection, selon le ministre, pas une sanction.

. 11 Novembre. La commémoration devient obligatoire dans toutes les écoles et tous les établissements à partir du CM1, avec un guide remis aux équipes.

. Anticipation. Une direction de la politique territoriale de l'École et de l'anticipation, présentée comme une « DATAR de l'École », une référence à la "Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale", doit prévoir à cinq ans les évolutions démographiques et l'offre scolaire.

. Intelligence artificielle. Un enseignement dédié pour tous les élèves de seconde à la rentrée 2027.

Plusieurs de ces orientations vont dans le bon sens. La CFTC-EPR défend depuis longtemps la protection des personnels face aux comportements menaçants de certaines familles : le décret sur le changement d'affectation répond à une demande de terrain, à condition que les chefs d'établissement et les directeurs d'école soient soutenus quand ils l'appliqueront ! La clarté sur les attendus des examens et la lutte contre la surexposition aux écrans rejoignent aussi nos positions.

Mais chaque annonce repose sur les mêmes personnes : les enseignants, les directeurs d'école, les CPE, les AESH, les personnels administratifs et de santé scolaire. Ce sont eux qui feront passer le questionnaire sur les violences sexuelles, qui recevront les paroles d'enfants, qui rédigeront les signalements et qui accompagneront les familles. Ce sont les mêmes personnels qui n'en peuvent plus actuellement de la surcharge de travail, à qui l'on demande de toujours faire plus, et de gagner moins !

Le ministre annonce des résultats « sismiques ». Qui absorbera l'onde de choc ? Rien n'a été dit sur les infirmières, les psychologues et les assistants de service social supplémentaires que cela exige, ni sur la formation des équipes.

Même constat pour les écrans : le retrait du portable ne se fera pas sans surveillance renforcée des temps de pause, donc sans personnels de vie scolaire en nombre. 

Pour le 11 Novembre, pour l'IA en seconde, pour le barème de langue, ce sont des heures de préparation et de concertation qui s'ajoutent à des emplois du temps déjà saturés.

Enfin, la conférence de rentrée n'a pas prononcé les mots que les personnels attendaient : rémunération, point d'indice, pouvoir d'achat, conditions de travail, remplacement, attractivité... La nouvelle direction de l'anticipation devra prévoir les besoins à cinq ans ; elle pourrait commencer par constater les postes non pourvus aujourd'hui.

La CFTC-EPR ne s'oppose pas au cap fixé. Elle demande que chaque mesure soit accompagnée des moyens humains et des temps nécessaires pour la mettre en œuvre sans dégrader davantage les conditions de travail. 

De plus, la CFTC-EPR rappelle la nécessité d'engager la discussion avec les syndicats, dans le cadre du dialogue sociale, avant tout effet d'annonce.

La CFTC-EPR demande à ce que soient ouvertes les discussions sur la rémunération et les conditions de travail des personnels de l'Education nationale et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, l'autorité fonctionnelle des directeurs, le bâti scolaire, la gestion de la canicule... Nous porterons ces demandes auprès du ministère et des rectorats dans les semaines qui viennent, et nous informerons régulièrement nos adhérents des réponses obtenues.

Bonne rentrée à toutes et à tous. 

La CFTC-EPR reste à vos côtés.