Lors de la Conseil de l'Education Nationale du 22 juin 2026, la Section CFTC EPR Réunion-Mayotte a exprimé ses revendications par une déclaration liminaire.
Voici le contenu de la déclaration liminaire...
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,
Alors que l’année scolaire touche à sa fin, la CFTC souhaite porter devant cette instance un bilan à la fois lucide, responsable et profondément attaché à l’intérêt général. Notre propos n’est pas de dresser un constat alarmiste, mais d’alerter avec sérieux sur les difficultés vécues par les personnels, les écoles et les élèves de notre territoire.
La CFTC, fidèle à ses valeurs de dialogue, de justice sociale, de respect de la dignité de chaque personne et de recherche du bien commun, considère qu’une politique éducative ne peut être efficace que si elle est construite dans la transparence, l’équité et l’écoute réelle des acteurs de terrain.
Sur la carte scolaire, nous constatons une nouvelle fois que les décisions prises ne répondent pas suffisamment aux besoins réels de nos écoles. Les suppressions de postes aggravent la surcharge des classes, multiplient les situations de double niveau et fragilisent la qualité de l’enseignement comme l’accompagnement des élèves. Ces choix pèsent directement sur les conditions de travail des équipes et sur la réussite des enfants.
Nous souhaitons également attirer votre attention sur la situation de collègues en situation de handicap. Certains voient leur temps d’accompagnement spécifique réduit pour l’année prochaine, alors même que leur situation personnelle et professionnelle demeure inchangée. Cette évolution suscite une incompréhension profonde et légitime. Elle interroge sur la prise en compte effective des besoins de ces personnels et sur le respect des obligations d’accompagnement qui leur sont dues. Pour la CFTC, aucune gestion administrative ne peut se faire au détriment de la dignité, de la santé et des droits des personnels.
Concernant les postes de direction, notamment ceux de 16 classes et plus et plus particulièrement en REP+, le recours au profilage soulève de fortes inquiétudes. Des collègues ayant obtenu un avis favorable l’année précédente voient aujourd’hui leur candidature écartée, sans que les critères apparaissent clairement lisibles ni suffisamment transparents. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice, d’isolement et de défiance.
La CFTC rappelle son opposition au profilage des postes lorsqu’il conduit à affaiblir les garanties collectives. L’attribution des postes doit reposer sur des règles claires, objectives et connues de tous. Le barème doit rester le fondement essentiel d’une gestion équitable des affectations. L’expérience, l’ancienneté, l’engagement professionnel et le service rendu à l’École doivent être reconnus à leur juste valeur.
La CFTC souhaite appeler votre attention sur une pratique qui se développe et qui nous préoccupe : l’affectation de personnels en difficulté sur des postes de directeurs d'école déchargés assimilés à une adaptation du poste de travail. La direction d’école n’est pas un poste de repli. C’est une fonction d'encadrement qui exige des compétences spécifiques, une disponibilité réelle et un engagement quotidien auprès des équipes, des familles et des élèves. Confier ces responsabilités à un agent dont l'aptitude au poste est précisément en question fragilise l'école concernée, ses personnels et la qualité du service rendu.
Cette pratique pose deux problèmes que nous ne pouvons accepter.
Elle donne une image faussée de la fonction de directeur. Elle laisse croire que la direction d'école se réduit à un aménagement administratif, alors qu'elle suppose un
véritable exercice de responsabilité. Elle crée une injustice manifeste envers les collègues qui demandent ces postes depuis des années, qui s'y préparent et qui en remplissent toutes les conditions. Les voir écartés au profit d'affectations relevant d'une logique d'adaptation est incompréhensible et démobilisateur. L’adaptation du poste de travail des personnels en difficulté est une obligation que nous soutenons.
Elle dispose d'outils et de dispositifs adaptés, qui n'ont pas à se faire au détriment des fonctions de direction ni des agents qui les sollicitent légitimement. Nous vous demandons de veiller à ce que les postes de direction soient pourvus selon leur vocation réelle et selon les règles d'affectation applicables à tous.
Nous sommes particulièrement préoccupés par le ressenti de nombreux directeurs et directrices d’école. Beaucoup expriment un sentiment d’abandon, alors même que leurs responsabilités ne cessent de s’alourdir. Ils sont en première ligne auprès des familles, des équipes, des élèves et face aux urgences du quotidien. Ils doivent pouvoir compter sur une administration qui les soutient, les écoute et reconnaît leur expertise.
Sur l’éducation prioritaire, la CFTC demande que la situation spécifique de La Réunion soit pleinement prise en compte. Notre territoire connaît des réalités sociales, économiques et éducatives particulières qui justifient une attention renforcée. C’est pourquoi nous demandons que l’ensemble du territoire réunionnais soit considéré en éducation prioritaire, afin de garantir une répartition plus juste des moyens, des soutiens et des accompagnements. Cette reconnaissance doit se faire dans la transparence, sans opacité ni traitement différencié injustifié.
Nous alertons également sur certaines situations de mobilité contrainte ou de pressions exercées sur des collègues concernant leur affectation ou leur niveau d’enseignement. La gestion des personnels ne peut se construire ni dans l’injonction, ni dans l’arbitraire. Elle doit respecter les droits, les compétences, les parcours et la parole des agents.
De même, l’accès au grade supérieur ne doit pas dépendre d’appréciations excessivement restrictives ou de décisions insuffisamment motivées. Les collègues doivent pouvoir bénéficier d’une évaluation juste, transparente et accompagnée de voies de recours réellement accessibles. La reconnaissance professionnelle ne doit pas être perçue comme une faveur, mais comme un droit fondé sur l’engagement, le mérite et le respect des règles communes.
Plus largement, la politique éducative locale doit être repensée à partir des réalités du terrain. Les écoles de La Réunion ont besoin de moyens adaptés, de stabilité, de personnels reconnus et d’une vision cohérente. Les suppressions de postes, la surcharge des classes et l’insuffisance des accompagnements compromettent à la fois la réussite des élèves, la santé des personnels et l’attractivité de nos métiers.
Enfin, la CFTC souhaite rappeler l’importance du dialogue social. Un dialogue social véritable ne saurait se limiter à une consultation formelle.
Il repose sur une écoute sincère, des réponses concrètes et une volonté réelle de construire avec les représentants des personnels. Les revendications portées par les agents, qu’il s’agisse des conditions de travail, de la reconnaissance des missions, de la transparence des affectations, ou encore du respect des droits, ne peuvent rester sans suite.
La CFTC réaffirme ainsi son attachement à un dialogue social exigeant, respectueux et constructif, au service des personnels et de la qualité du service public d’éducation.
Je vous remercie de votre attention.


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