La CFTC EPR salue l’adoption, en première lecture à l’Assemblée nationale, de la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Ce vote constitue une avancée importante et marque une prise de conscience de la nécessité de reconnaître pleinement ces personnels, dont l’engagement quotidien est indispensable au fonctionnement de l’école inclusive.
Pour autant, cette première victoire ne doit pas masquer les interrogations légitimes des AESH.
La CFTC EPR considère que la navette parlementaire doit désormais permettre de préciser et de sécuriser plusieurs dispositions essentielles. L’objectif est clair : construire un statut protecteur, applicable et adapté aux réalités du terrain, sans laisser aucun personnel au bord du chemin.
1. Des affectations au plus près des besoins des élèves et des personnels
La question de l’affectation constitue un premier point de vigilance.
Si le texte prévoit un recrutement organisé au niveau académique, avec une affectation dans l’un des départements de l’académie, cette organisation doit impérativement garantir une véritable gestion de proximité.
La CFTC EPR demande que les affectations tiennent compte des besoins des élèves, de la continuité de leur accompagnement, mais également de la situation personnelle et familiale des agents.
Une organisation déconcentrée, au plus près des territoires, doit permettre d’éviter les mobilités imposées et de garantir la stabilité indispensable aux élèves accompagnés.
2. Une fonctionnarisation qui ne laisse aucun AESH de côté
La question de l’intégration des personnels actuellement en poste est fondamentale.
Le texte prévoit la nomination en qualité de fonctionnaires stagiaires des AESH exerçant au 1er septembre 2026, sous réserve des conditions générales d’accès à la fonction publique. Il prévoit également des garanties contractuelles pour certains agents ne remplissant pas ces conditions.
Toutefois, plusieurs questions méritent encore d’être clarifiées.
Quelles seront les modalités précises de titularisation ? Comment seront reconnues l’expérience professionnelle et les compétences acquises ? Quelles garanties seront apportées aux personnels ne possédant pas le baccalauréat ? Quelles seront les conditions d’accès au nouveau corps pour les futurs recrutements ?
Pour la CFTC EPR, il serait inconcevable de construire une école inclusive à deux vitesses, où une partie des AESH bénéficierait d’un statut protecteur tandis que d’autres resteraient durablement à l’écart.
L’expérience, l’engagement et les compétences professionnelles doivent être pleinement reconnus.
3. Une formation indispensable, sans rupture d’accompagnement
La création d’un corps de fonctionnaires pose également la question de la formation initiale et continue.
La CFTC EPR soutient le principe d’une formation professionnalisante, adaptée aux missions et aux responsabilités des AESH.
Cependant, sa mise en œuvre devra être organisée sans fragiliser l’accompagnement des élèves actuellement pris en charge.
Former les personnels est une nécessité. Garantir la continuité de l’accompagnement des enfants en est une autre, tout aussi essentielle.
Des moyens humains et organisationnels devront donc être prévus pour concilier ces deux exigences.
4. Un statut qui améliore réellement les conditions de travail
Au-delà de la reconnaissance statutaire, cette réforme devra se traduire par des améliorations concrètes : une rémunération digne, une véritable stabilité professionnelle, des perspectives de carrière et des conditions d’exercice respectueuses des personnels.
Le statut ne doit pas être une simple reconnaissance administrative. Il doit constituer un véritable progrès social.
La CFTC EPR restera mobilisée !
L’adoption de cette proposition de loi en première lecture représente une étape importante, mais elle ne constitue pas l’aboutissement du processus.
Tout l’enjeu de la navette parlementaire sera désormais de transformer cette avancée en garanties concrètes, durables et équitables pour l’ensemble des AESH.
La CFTC EPR restera particulièrement attentive aux évolutions du texte et continuera de porter les attentes légitimes des personnels.
Reconnaître les AESH, c’est aussi leur garantir un avenir professionnel digne, sécurisé et respectueux de leur engagement.
CFTC EPR — Choisir l’humain, défendre le service public.