3024 postes de remplaçants annoncés comme par magie !

Rédigé le 12/10/2026


Le ministère aurait-il trouvé la formule miracle pour résoudre la crise du remplacement dans l’Éducation nationale ?

À la CFTC EPR, nous aimerions croire aux miracles. Mais nous savons surtout qu’on ne construit pas un service public de qualité avec des tours de passe-passe et des effets d’annonce.

3 024 postes qui surgissent soudainement du chapeau ministériel ! Voilà de quoi susciter quelques interrogations légitimes.

D’où viennent exactement ces moyens ? S’agit-il de véritables créations de postes, de redéploiements de personnels ou d’une nouvelle présentation de moyens déjà existants ? Et surtout, si ces ressources étaient disponibles, pourquoi n’ont-elles pas été mobilisées plus tôt pour répondre aux besoins des établissements ?

La CFTC-EPR demande au ministère une clarification immédiate, précise et transparente sur l’origine et la réalité de ces 3 024 postes.

Car pendant que le ministère sort ses chiffres du chapeau, sur le terrain, les personnels continuent de subir des situations difficilement acceptables.

En effet aujourd’hui la magie ministérielle se heurte à la réalité. L’exemple d’une enseignante de lettres modernes appelée à enseigner l’anglais à 60 kilomètres de son domicile illustre les limites d’une gestion RH qui semble parfois privilégier les statistiques au détriment du bon sens et de l’humain.

Un enseignant n’est pas une variable d’ajustement ! Une discipline ne s’improvise pas et les élèves ne sont pas des chiffres dans un tableau Excel !

À la CFTC-EPR, nous refusons que la nécessité d’afficher des résultats conduise à déplacer la pénurie plutôt qu’à la résoudre.

Nous dénonçons :

  • La polyvalence imposée : enseigner une discipline exige des compétences et une formation adaptées. On ne transforme pas un professeur de lettres modernes en professeur d’anglais d’un simple coup de baguette magique.
  • La mobilité subie : imposer des affectations éloignées sans considération suffisante pour les contraintes personnelles, familiales et financières des agents revient à faire peser sur eux les dysfonctionnements du système.
  • Le manque de transparence : annoncer des milliers de postes sans en préciser l’origine, la répartition et les effets réels sur le remplacement ne permet pas d’évaluer sérieusement la réponse apportée aux besoins.
  • Le manque de considération pour les personnels : les enseignants ne sont ni interchangeables ni corvéables à merci. Leur engagement mérite reconnaissance, confiance et respect.

Parce que derrière chaque poste, il y a une personne. Et derrière chaque décision, il doit y avoir du respect.

CFTC EPR — Choisir l’humain. Défendre le service public.