La CFTC-EPR suit avec une vive inquiétude la situation dans les lycées et appelle à un retour rapide à l’apaisement et au dialogue.
La colère et les inquiétudes qui s’expriment doivent pouvoir être entendues. Cependant, il est important de préciser que la CFTC-EPR condamne sans ambiguïté toutes les formes de violence, de dégradation ou d’intimidation, quelles qu’en soient les circonstances. Elles n’ont leur place ni dans nos établissements scolaires ni aux abords de ceux-ci.
Nous demandons aux autorités compétentes d’agir rapidement afin de garantir la sécurité des élèves et des personnels, de favoriser le dialogue et de permettre à chacun de retrouver au plus vite des conditions normales d’enseignement.
Mais répondre uniquement à l’urgence ne suffira pas.
Il faut aussi entendre ce que cette crise révèle.
Pour la CFTC-EPR, la situation actuelle traduit un profond sentiment d’abandon et de décrochage du service public d’éducation, ressenti par une partie des élèves, des familles et des personnels.
Depuis trop longtemps, les difficultés sont connues : bâtiments scolaires vieillissants, conditions d’apprentissage parfois dégradées, enseignants absents difficiles à remplacer, personnels sous tension, équipes épuisées et sentiment de ne plus disposer des moyens nécessaires pour accomplir correctement leurs missions.
Pour la CFTC-EPR, nos décideurs ne peuvent pas demander toujours davantage à l’École sans lui donner les moyens de ses ambitions.
Il est désormais nécessaire d’agir concrètement sur plusieurs fronts : rénover et entretenir le bâti scolaire, améliorer les conditions de travail des personnels, assurer autant que possible le remplacement des enseignants absents, renforcer la prévention des risques professionnels et psychosociaux et redonner aux équipes les moyens humains nécessaires pour exercer sereinement leurs missions.
La question de l’absentéisme ne peut notamment pas être abordée uniquement sous l’angle statistique ou budgétaire. Il faut également s’interroger sur ses causes et investir davantage dans la prévention, la santé et le bien-être au travail, afin d’éviter l’épuisement de personnels trop souvent sur la brèche.
Le constat est le suivant pour tous : l’École ne peut plus attendre.
Il est à noter que cette crise dépasse largement la situation des seuls lycées. De l’école primaire au lycée, en passant par le collège, les personnels alertent depuis des années sur leurs conditions d’exercice et sur les difficultés rencontrées quotidiennement.
La CFTC-EPR appelle donc à sortir des réponses ponctuelles et des mesures prises dans l’urgence.
Pour la CFTC-EPR, il est temps d’apporter des réponses concrètes, durables et à la hauteur des enjeux. L’École de la République ne peut pas fonctionner durablement grâce au seul engagement de personnels qui compensent chaque jour ses fragilités.
Pour la CFTC-EPR, investir dans l’École, c'est investir dans les personnels et améliorer leurs conditions de travail, c’est investir dans l’avenir de nos jeunes !