Le gouvernement a confirmé le 8 juillet, à Bercy, le gel du point d'indice des fonctionnaires pour 2027. C'est la troisième année consécutive sans revalorisation générale. Trois années pendant lesquelles 2,6 millions d'agents publics ont absorbé seuls l'inflation, la flambée des prix de l'énergie et la suppression de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat.
Ce gel a produit une situation inédite et humiliante : le traitement de base de la fonction publique est aujourd'hui inférieur au SMIC. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut atteint 1 867,02 € par mois, quand le minimum de traitement des fonctionnaires plafonne à 1 801,74 €. Résultat : près de 862 000 agents, principalement en catégorie C, doivent recevoir une « indemnité différentielle » pour ne pas être payés en dessous du salaire minimum légal. Sur la grille C1, 10 échelons sur 11 sont concernés : des agents progressent dans leur carrière sans gagner un euro de plus. Pire, cette indemnité ne compte pas pour la retraite. On rafistole les fiches de paie au lieu de payer les agents !
La CFTC-EPR dénonce un choix purement comptable : économiser 2,4 milliards d'euros sur le dos de ceux qui font tourner l'école, la recherche et les services publics. Les fonctionnaires ne sont pas une variable d'ajustement budgétaire.
Dans l'Education nationale et le l'Enseignement du supérieur et la recherche, les dégâts sont déjà là : concours désertés, postes non pourvus.
Dans les DROM, où le coût de la vie dépasse largement celui de l'Hexagone, ce gel frappe encore plus durement les personnels, les AESH et les agents de catégorie C en première ligne, dont beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté malgré un emploi stable.
Le groupe de travail annoncé pour septembre ne trompe personne. Sans engagement budgétaire concret, c'est une manœuvre dilatoire.
La CFTC-EPR exige :
. l'ouverture immédiate de négociations sur une revalorisation générale du point d'indice ;
. une refonte des grilles de catégorie C pour qu'aucun traitement indiciaire ne soit inférieur au SMIC ;
. un rattrapage des pertes de pouvoir d'achat subies depuis 2024 ;
. des mesures spécifiques pour les Outre-mer, où la vie chère aggrave chaque euro gelé