Une nouvelle vague de chaleur frappe les établissements de l'Education nationale et de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Des salles à plus de 32, 34, parfois 35 degrés dès la matinée. Des personnels et des élèves contraints de tenir dans des bâtiments inadaptés, avec les moyens du bord. Et toujours la même réponse de l'institution : débrouillez-vous !
La CFTC-EPR le dit clairement. Cette canicule n'a rien d'une surprise. Les épisodes de chaleur sont plus fréquents, plus intenses, plus précoces. Les alertes scientifiques sont anciennes. Pourtant, année après année, rien ou presque ne change dans le bâti scolaire, ni dans la protection des agents.
La responsabilité est renvoyée au niveau des acteurs du terrain, sans moyens ! Comme pendant la crise sanitaire, les établissements restent ouverts coûte que coûte. Les directrices et directeurs d'école, les chefs d'établissements, les équipes se retrouvent en première ligne pour gérer l'urgence et arbitrer : supporter la chaleur ou envisager un droit de retrait relevés de température à l'appui.
Pour la CFTC-EPR, ce transfert de responsabilités est inacceptable. Décider de l'accueil ou non des élèves par forte chaleur (sans support juridique), organiser les locaux, gérer la sécurité ne relèvent pas de la seule bonne volonté des personnels. Ce sont des décisions qui engagent la santé et la sécurité au travail, et qui appellent un cadre national, pas un bricolage local.
La CFTC-EPR constate que la canicule révèle aussi les inégalités. Tous les établissements ne disposent pas des mêmes équipements ni des mêmes ressources des collectivités. De plus, d'une collectivité à une autre, les objectifs et moyens sont différents avec des écarts importants sur le territoire français. Ce sont encore les agents et le service public qui absorbent le coût de l'inaction. La CFTC-EPR réclame depuis des années un budget minimum par commune ! Ce qui n’existe toujours pas et qui renforce ces inégalités.
Sur ce point, la CFTC-EPR rappelle que la situation des outre-mer, rappelée chaque année, ne peut plus être oubliée. Pour rappel, à la Réunion comme à Mayotte mais aussi en Guyane, Guadeloupe et en Martinique, la chaleur n'est pas un événement exceptionnel de quelques jours par an, c'est une donnée du quotidien scolaire. Le bâti reste pourtant trop souvent pensé sans réponse réelle à la chaleur et à l'humidité : ventilation insuffisante, ombrage absent, salles surchauffées, classes surchargées, bâti vétuste... À Mayotte, ces conditions se cumulent avec un manque criant de locaux et d'équipements. La CFTC-EPR demande que les politiques d'adaptation du bâti scolaire intègrent enfin les réalités climatiques des territoires ultramarins, et pas seulement celles de l'Hexagone.
Pour la CFTC-EPR, les fausses bonnes idées doivent cesser et une réelle remédiation de la situation doit être effectuée. Les annonces sur la « reconquête » des mois de juin et juillet ou sur une réduction des vacances d'été ignorent la réalité du climat. On ne réfléchit pas aux rythmes scolaires à coups de slogans et d'opérations de communication. La France n'est d'ailleurs pas le pays européen qui accorde le plus de vacances d'été à ses élèves. Le débat mérite mieux que des effets d'annonce.
Depuis des semaines, les annonces s'enchaînent : uniforme, intelligence artificielle, téléphone au lycée, réforme après réforme. Beaucoup de communication, peu de réponses concrètes aux difficultés du terrain.
Pour la CFTC-EPR, la priorité doit être donnée aux personnels et aux élèves.
Derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui font vivre l'École publique chaque jour. Souvent épuisés, souvent sous-estimés, parfois découragés, mais engagés dans la réussite des élèves. Beaucoup expriment aujourd'hui une fatigue de fin d'année et une fatigue accumulée au fil des années, une perte de confiance, parfois une lassitude qui a remplacé la colère.
Pour répondre à cette situation, la CFTC-EPR demande de passer des discours aux actes par :
. La mise en place d'un plan pluriannuel d'adaptation et de rénovation thermique.
. La réalisation d'un protocole national clair sur les seuils de température.
. Le renforcement de la médecine de prévention et des F3SCT.
. La reconnaissance pleine et entière du droit de retrait.
. Une concertation sur les rythmes scolaires fondée sur la recherche.
. Une prise en compte spécifique des outre-mer.
La CFTC-EPR adresse son soutien à l'ensemble des personnels qui continuent d'assurer leurs missions dans des conditions difficiles. Protéger les agents et les élèves de la chaleur n'est pas une faveur, c'est une obligation de l'employeur public. Il est temps que l'État l'assume.