Face à la crise du remplacement, l'institution ne peut exiger des directeurs qu'ils organisent une « continuité pédagogique » fictive.
L'administration peine à assurer le remplacement des enseignants absents. Dans ce contexte, certains IEN demandent aux directeurs d'école de mettre en place, en cas de non-remplacement, un dispositif dit de « continuité pédagogique » reposant sur un « kit journée non remplacée, » autrement dit, des fiches de travail prêtes à l'emploi préparées par les enseignants.
La CFTC-EPR s'oppose à cette logique de transfert de responsabilité.
Soyons clairs : l'accueil de tous les élèves est garanti dans chaque école. Lorsqu'un enseignant est absent sans remplacement, les élèves sont répartis dans les autres classes et les familles sont informées des mesures prises. L'obligation d'accueil est remplie.
Lorsqu'un élève est accueilli dans une autre classe sans enseignant remplaçant, il ne bénéficie pas d'une continuité pédagogique réelle mais d'un accueil en mode dégradé. L'enseignant qui le reçoit doit gérer simultanément sa propre classe et des élèves supplémentaires, ce qui altère la qualité des apprentissages pour tous.
Des supports « prêts à l'emploi » peuvent occuper les élèves, mais ne constituent en aucun cas une réponse pédagogique satisfaisante. Parler de « continuité pédagogique » dans ces conditions relève d'un affichage institutionnel qui ne correspond pas à la réalité vécue par les élèves et les enseignants.De plus, la CFTC-EPR émet de sérieuses réserves sur l'application de ce « kit journée non remplacée » aux élèves de maternelle.
Les élèves de cycle 1, notamment en MS et GS, ne disposent pas des compétences d'autonomie requises pour s'engager seuls dans des activités d'entraînement ou de consolidation. À 4 ou 5 ans, les apprentissages passent par l'interaction directe avec l'adulte, la médiation langagière, l'étayage individualisé et la manipulation accompagnée. Un enfant de maternelle ne peut pas « travailler en autonomie » au sens où on l'entendrait pour un élève d'élémentaire.
La CFTC-EPR rappelle que le remplacement des enseignants absents constitue un impératif de service public incombant à l'institution, pas aux directeurs. C'est à l'Éducation nationale d'assurer ce remplacement et non aux directeurs de pallier ses carences par des dispositifs de substitution.
La CFTC-EPR rappelle que la seule réponse véritablement satisfaisante demeure le remplacement effectif des enseignants absents.
La CFTC-EPR invite les directeurs à alerter sans délai leur IEN de toute situation de non-remplacement, afin que l'autorité académique puisse agir auprès du pôle de remplacement. Cette alerte systématique permet de documenter la réalité du terrain et de rappeler l'institution à ses responsabilités.
La CFTC-EPR reste disponible pour accompagner les directeurs.