Du point de vue de la CFTC Enseignement public et Recherche, si l’objectif affiché d’une meilleure couverture pour tous les agents est positif, la réalité du dispositif révèle des effets négatifs pour une grande partie des personnels, tant sur le plan financier que sur celui de la protection sociale.
Des tarifs en hausse pour des remboursements en baisse
Les nouveaux tarifs proposés par la MGEN sont souvent plus élevés, alors que les remboursements diminuent sur plusieurs postes de soins. Par exemple, certains soins courants comme les consultations de spécialistes ou les actes de radiologie font l’objet de restes à charge plus importants qu’auparavant. De même, les plafonds en optique ou en dentaire, pourtant essentiels pour les familles, sont jugés insuffisants au regard des cotisations demandées.
Une adhésion obligatoire qui pénalise les situations individuelles
L’obligation d’adhésion à la MGEN prive les agents de la possibilité de conserver une mutuelle parfois plus avantageuse. Ainsi, des agents ayant souscrit une mutuelle familiale couvrant conjoint et enfants à moindre coût se voient contraints de résilier leur contrat, au détriment de l’équilibre financier du foyer. D’autres, déjà bien couverts par la mutuelle de leur conjoint, doivent désormais cotiser à un dispositif dont ils n’ont pas réellement besoin.
L’absence de prévoyance dans le contrat initial : un recul social majeur
Avant la mise en place de la PSC, de nombreux agents bénéficiaient d’une prévoyance couvrant la perte de salaire en cas d’arrêt maladie prolongé. Aujourd’hui, un enseignant placé en congé longue maladie peut constater une baisse significative de ses revenus, faute de garantie intégrée, et se voit contraint de souscrire un contrat supplémentaire pour se protéger. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les personnels aux carrières hachées ou aux revenus modestes. La prévoyance devrait être prévue en tant qu'option à venir. Ses modalités ne sont pas encore définies à ce jour...
Une perte de pouvoir d’achat bien réelle
Pour beaucoup d’agents, la réforme se traduit par une hausse nette des cotisations non compensée par la participation de l’employeur. Par exemple, un agent de catégorie B ou C, ou un enseignant en début de carrière, peut voir sa cotisation augmenter de plusieurs dizaines d’euros par mois pour un niveau de protection équivalent, voire inférieur. Cette charge supplémentaire pèse lourdement dans un contexte d’inflation persistante.
Des effets inéquitables selon les profils
Certains adhérents MGEN de longue date, dont les cotisations étaient auparavant indexées sur le salaire, peuvent constater une baisse sur le panier de base. Toutefois, cette baisse est souvent limitée et s’accompagne d’une diminution des garanties. À l’inverse, les agents non affiliés à la MGEN ou souhaitant une couverture renforcée font face à des offres plus chères que celles du marché, sans amélioration notable des prestations.
Des publics fragilisés insuffisamment protégés
La CFTC Enseignement public et Recherche alerte tout particulièrement sur la situation des contractuels, des agents à temps partiel ou des retraités. Un contractuel à mi-temps, par exemple, supporte une cotisation quasi identique à celle d’un agent à temps plein, sans que ses revenus le permettent réellement. De même, les agents proches de la retraite s’inquiètent de la continuité et du coût de leur couverture après la cessation d’activité.
Face à ces constats, la CFTC Enseignement public et Recherche demande une révision en profondeur du dispositif de la PSC : intégration de la prévoyance dans le socle obligatoire, amélioration tangible des niveaux de remboursement, véritable liberté de choix pour les agents et participation financière de l’employeur à la hauteur des enjeux. Ces évolutions sont indispensables pour garantir une protection sociale réellement solidaire, juste et adaptée aux réalités du terrain.